La sorcière

Tout le monde a oublié son nom et son prénom, et bien qu’elle ne soit qu’une simple guérisseuse qui soigne avec ses mains et avec les plantes, tout le monde l’appelle la sorcière.

Elle vit dans la maison des bois, au bout du village, à la lisière de la forêt.

Elle est encore jeune (à peine 40 ans) mais elle semble beaucoup plus âgée.

Elle n’est pas très grande et toujours vêtue d’une grande robe de lainage violette recouverte d’une cape à capuche de la même couleur.

Sa robe est recouverte d’un long tablier dans la poche duquel elle met chaque jour un mouchoir propre.

Une cicatrice barre son visage, elle boite légèrement et une tache de vin couvre son avant-bras.

Son teint est halé, ses yeux sont “vert doré” et son oeil gauche regarde légèrement vers l’extérieur.

Sa bouche est très joliment dessinée.

Ses oreilles sont percées et elle ne porte qu’une seule boucle d’oreilles, un anneau, qui semble très ancien et qui ressemble à un minuscule serpent d’or qui se mord la queue.

Elle possède une longue chevelure brune magnifique ornée d’une large mèche blanche. Ses cheveux sont attachés, selon les jours, par un chignon bas sur la nuque ou noués sur le sommet de sa tête avec des piques en noisetier sculptées par elle-même,

Elle est animiste c’est-à-dire qu’elle croit en un esprit, une force vitale, qui anime les êtres vivants, les objets mais aussi les éléments naturels, comme les pierres ou le vent, ainsi qu’en des génies protecteurs.

Elle connait parfaitement le pouvoir des pierres et des plantes.

Des araignées, des chauves-souris, des serpents, un renard, une corneille noire, des crapauds et une famille de ragondins se sont réfugiés chez elle pour fuir les hommes qui les pourchassent. Elle leur parle et ils lui obéissent.

Elle échange avec Mélusine et les galipottes. Les trolls sont ses amis.

Dans le village on dit aussi qu’elle peut ralentir le temps et voir l’avenir

Sa plus grande peur est celle de l’ignorance et de la bêtise. Elle méprise les villageois bien-pensant.

Elle est bougon, bourrue, sauvage, misanthrope.

Dans le village on la craint mais les villageois savent où la trouver lorsqu’ils ont besoin de soins, de philtres d’amour ou de poison (pour se débarrasser des rats, disent-ils toujours)

Elle est fière de son indépendance et de sa capacité à vivre en communion avec la nature, mais elle a un regret, celui de n’avoir jamais eu d’enfant à qui transmettre ses connaissances.

Lorsqu’elle est mécontente ou énervée, elle tapote le sol avec son bâton

L’hiver, elle aime s’asseoir devant la cheminée avec son chat aux yeux jaunes et écouter ce que lui disent les flammes.

Les nuits d’été, elle danse. Lorsqu’elle lâche ses cheveux les nuits de pleine lune, ils l’enveloppent des pieds à la tête, brillent d’une lumière argentée et volent sur son visage en cachant sa cicatrice. Ces nuits-là sa légère claudication lui donne une démarche presque dansante et elle est belle.

Son histoire avant l’histoire

Sa mère était domestique chez un riche tanneur de Niort. Celui-ci (bien que marié et père de famille) lui fit la cour, jurant qu’il quitterait sa femme et partirait s’installer à Bordeaux avec elle. Mais quand un enfant s’annonça, l’épouse du tanneur jeta la jeune femme à la rue. Celle-ci retourna chez ses parents qui, à leur tour, la mirent à a porte. Elle se réfugia dans une petite cabane à la lisière de la foret et mit sa fille au monde. Toutes deux vécurent ainsi dix ans se nourrissant des plantes que la nature voulait bien leur offrir. En grandissant, la fillette, malgré l’interdiction de sa mère, cherchait à se rapprocher du village. Mais à chaque fois elle en était chassée par les enfants qui lui jetaient des pierres. Elle avait une dizaine d’années lorsqu’un soir, après qu’elle et sa mère, soient allées glaner les quelques rares épis de blé qui restaient après le passage des glaneuses du village, elle furent pourchassées par deux galopins à peine plus âgés que la fillette. Elle s’enfuirent sous les pierres mais deux garçons les poursuivirent sur le chemin. Bastien était l’un d’eux. Une grosse pierre frappa l’enfant qui tomba près du ravin. La mère, chercha à retenir sa fille et toutes deux tombèrent au fond du Trou du Diable. La petite fut blessée au visage et à la jambe, mais la mère ne survécut pas. Les villageois trouvèrent son corps quelques jours plus tard et elle fut enterrée dans la fosse commune. La fillette  garda de l’accident une légère claudication et une cicatrice sur le visage, et en conçut un fort sentiment de culpabilité et une profonde haine pour les agresseurs.

Un jour qu’elle faisait ses incantations à la nature elle avait été surprise par Bastien. Alertée  par un craquement de branche sèche, elle avait tourné la tête dans sa direction et lui avait jeté un regard blanc de haine. Le malheureux en avait été terrorisé.

En entendant Joséphine raconter son histoire d’amour avec l’aubergiste et leur projet de partir ensemble pour la grande ville, cela ne pouvait que faire écho à sa propre histoire et renforcer sa haine à l’égard de Bastien.

Quelques mobiles possibles :

1-La sorcière est née dans la foret d’une mère célibataire rejetée par sa famille. Les enfants du village lui jetaient des pierres lorsqu’elle s’approchait d’eux. Un soir deux garçons se sont attaqués à la mère et à la fille qui pour s’échapper sont tombées dans un ravin. La mère est morte, la fillette est restée balafrée et boiteuse. Bastien était un de ces garçons. Elle ne lui a jamais pardonné.

2-La sorcière s’est fait surprendre un matin alors qu’elle était au rocher du diable. Bastien allant rejoindre Joséphine en cachette, à vue la vielle les bras levés alors que l’orage arrivait.

3-La sorcière serait-elle une femme meurtrie, éconduite par Bastien ? Pourrait-elle avoir ourdit une vengeance contre lui tout en faisant accuser l’institutrice pour détourner les soupçons qui pourraient peser contre elle?

4-En apprenant l’histoire de l’institutrice qui ressemble étrangement à celle de sa mère (qui causa sa perte) elle veut protéger Joséphine d’une catastrophe annoncée car elle ne connait que trop Bastien et ne lui fait aucune confiance pour prendre ses responsabilités si Joséphine tombait enceinte.

Le mode opératoire

1-Elle parle aux animaux et ils lui obéissent : elle a donné l’ordre à son serpent d’aller piquer Bastien. Le serpent a obéi.

 

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